Une loi-programme pour l’emploi des jeunes

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Une loi-programme pour l’emploi des jeunes


Au-delà de la nécessaire consolidation et du renforcement des emplois d’avenir (en particulier pour veiller à ce que les jeunes diplômés des quartiers ne restent pas au chômage et puissent valoriser leurs compétences), il faut accroître massivement le nombre de jeunes en apprentissage, en lien étroit avec l’Éducation nationale.
Cela suppose de financer correctement l’accompagnement par des tuteurs dans l’entreprise et par les enseignants. Il faut aussi améliorer la rémunération du jeune et les conditions dans son accueil.
La mise en oeuvre progressive de l’allocation d’autonomie devrait permettre aux étudiants de ne plus devoir travailler pour suivre leur cursus universitaire. Du coup ils libéreraient des postes pour d’autres salariés et réussiraient mieux dans leurs études.
S’agissant des jeunes diplômés, les entreprises françaises, à l’opposé de leurs homologues allemandes ou anglo-saxonnes sont très malthusiennes dans le recrutement de docteurs issus du troisième cycle universitaire.
L’État pourrait lancer un programme 10 000 docteurs pour nos entreprises aidant sérieusement celles qui recruteraient en plus de tels diplômés – en particulier scientifiques – et mèneraient avec eux de nouveaux programmes de recherche, d’innovation ou de développement.

Collectif Les Socialistes Seine-Saint-Denis

Retrouver la voie du progrès sur les conditions de travail et de rémunération


-1 Une relance de la politique salariale :

La relance de la politique salariale doit être au cœur des prochaines conférences sociales et faire l’objet d’une conférence salariale annuelle afin de répondre à plusieurs objectifs essentiels comme :

 la revalorisation du SMIC ;

 la refonte des grilles salariales réduisant les inégalités de rémunération ;

 la garantie que tous les minima conventionnels de branche soient supérieurs ou égaux au SMIC ;

 La levée du gel des salaires de la fonction publique s’impose.

-2 Une nouvelle étape des lois Auroux – une loi renforçant les droits des travailleurs dans l’entreprise et leurs conditions de travail :

Nous ne devons pas céder au chantage – vieux comme le monde – du patronat : « Dérégulez les droits des salariés et nous embaucherons ! » Cela n’a jamais été le cas. De surcroît, on ne peut se contenter d’avoir de meilleures statistiques du chômage, si ceux qui ont un emploi ne peuvent vivre dignement de leur travail.

Cette loi devrait d’abord mettre en œuvre les engagements de la campagne présidentielle, comme l’augmentation des cotisations chômage sur les entreprises qui abusent des emplois précaires, l’encadrement des licenciements économiques pour combattre les licenciements boursiers, ou encore un droit de reprise prioritaire par les salariés en cas de cession ou de transmission d’entreprise.

Les salariés doivent être reconnus comme acteurs de leur entreprise et pas seulement comme une force de travail. Il est très important de renforcer le droit d’information des Comités d’Entreprise (CE) et des instances représentatives du personnel très en amont des mutations, des changements ou des projets de licenciements.

La loi doit prévoir de donner progressivement aux CE du droit de veto sur des sujets clefs pour le devenir de l’entreprise (licenciements, investissements, plans de formation, etc.).

S’agissant de l’information des salariés, il faut rendre obligatoire la publication par les entreprises de l’usage des fonds touchés au titre du CICE, mais de façon plus générale des aides publiques.

L’obligation d’informer les salariés avant toute reprise ou transmission et votée par le parlement doit être immédiatement appliquée.

Le compte pénibilité, issu des négociations entre les partenaires sociaux doit être mis en oeuvre avec ses 10 critères comme prévu.

S’agissant de la santé au travail, la loi doit permettre un renforcement des pouvoirs et des compétences des CHSCT.

La présence des salariés au Conseil d’administration des entreprises doit être renforcée bien au-delà de ce que prévoit l’ANI.

Les droits syndicaux doivent être mieux garantis et les moyens de l’inspection du travail renforcés.

-3 Lancer le grand chantier de l’amélioration des conditions de travail :

Une conférence gouvernement/organisations syndicales pourrait annuellement fixer une feuille de route législative, réglementaire ou budgétaire sur l’amélioration des droits des travailleurs et conditions de travail. Cette démarche pourrait aussi mettre en évidence les revendications et les points de vue susceptibles de rassembler largement les syndicats. Pour la gauche, si le champ de la négociation paritaire et la négociation sociale doit être consolidé, il est aujourd’hui indispensable de rééquilibrer la donne au profit des syndicats et des travailleurs.

Cette rencontre annuelle pourrait aussi traiter du sujet majeur de l’État employeur. Les collectivités locales, les entreprises publiques ou celles où l’État est actionnaire devraient donner l’exemple en ce qui concerne les conditions de travail et la reconnaissance des salariés et la lutte contre la précarité.

Au titre des valeurs d’exemplarité de l’État, la médecine du travail doit être présente et effective dans toutes ses administrations (elle n’existe pas à l’Éducation Nationale, elle est pratiquement inexistante à la Sécurité sociale, aux Finances Publiques, etc.). Le dysfonctionnement du fonctionnement de la santé au travail est actuellement manifeste.

C’est pourquoi, il est nécessaire de créer un service public de la santé au travail.

Collectif Les Socialistes Essonne

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