Gauche : La confusion, ça suffit !

Gauche : La confusion, ça suffit !


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Le seuil de confusion à gauche est depuis longtemps dépassé…

Depuis le début du quinquennat, les choix de François Hollande ont systématiquement tourné le dos au rassemblement des forces de gauche et écologistes. Le non respect des engagements pris devant les Français, les dérives libérales qui ont prévalu très vite et qui ont été consacrées avec la nomination de Manuel Valls, n’ont cessé de fracturer la gauche et le Parti socialiste. Dès l’automne 2012, je n’ai cessé d’alerter sur les risques politiques, économiques et sociaux de ces orientations. J’ai proposé à chaque étape des politiques alternatives, réalistes et de gauche.

A l’approche de l’élection présidentielle, et au moment où la politique menée est clairement mise en échec, ceux-là mêmes qui l’ont initiée, défendue et mise en œuvre, ne veulent pas assumer la responsabilité de ces résultats désastreux. Et chacun de trouver un prétexte pour se démarquer de François Hollande pour tenter de préserver ses chances d’avenir.

Il faut dire que sa responsabilité et ses défaillances sont majeures : certitude d’avoir raison contre son camp, aucune volonté d’entretenir des dynamiques unitaires, mépris de nombreuses composantes politiques, syndicales et associatives de gauche, concessions permanentes à la droite et aux libéraux… et surtout cette complaisance à participer à une forme de décomposition de la gauche, espérant surnager au dessus de cette confusion… surnager de moins en moins et en tout cas surnager seul.

Ces derniers jours, nous avons atteint un sommet. La cour a déserté le palais et le monarque s’accroche à un pouvoir illusoire.

Et pourtant l’heure est grave, elle exigerait de la grandeur, une volonté de rassembler – non pas avec des paroles convenues mais des actes politiques – et des convictions, une vision pour l’avenir du pays.

Pour faire face à la double menace de l’extrême droite et d’une droite conservatrice et libérale, il faut une gauche rassemblée et offensive capable de proposer au pays une sortie de crise. Manifestement ni François Hollande, ni Emmanuel Macron, ni Manuel Valls – trois éminents protagonistes des échecs et de l’impasse actuelle – ne peuvent engager cet indispensable sursaut collectif.

Pire : aujourd’hui, ils concourent à notre affaiblissement collectif.

La multiplicité des candidats déjà annoncés, de Jean-Luc Mélenchon a Yannick Jadot en passant par Sylvia Pinel, fait craindre un émiettement redoutable à la présidentielle. Peut-on conjurer ce péril ? Plus le temps passe, plus ce sera difficile. Mais une chose est certaine : si le candidat ou la candidate issue des primaires n’incarne pas une ligne alternative à la politique de François Hollande et de Manuel Valls, seule capable de rassembler à gauche, nous n’y parviendrons pas et des heures durablement funestes pour la France et la gauche se profileront à l’horizon.

Nous devons donc tout mettre en œuvre pour réussir la primaire de gauche et convaincre nos concitoyens de se mobiliser pour voter massivement les 22 et 29 janvier 2017. Cela peut être à notre portée à condition que nos débats se concentrent sur la qualité d’un projet d’une gauche concrète, qui s’assume et qui redonne tout son sens à la République sociale. Cette priorité du projet est indispensable pour réussir le rassemblement dans la primaire et au-delà pour donner à celui ou celle que nous aurons collectivement désigné(e) la force de dépasser les fractures produites par l’exécutif et enfin de remporter l’élection présidentielle.

Consolider le régime de base, défendre les mutuelles


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« Je veux consolider le régime de base tout en défendant les mutuelles solidaires »

entretien accordé à Viva Magazine –  Par Emmanuelle Heidsieck

Candidate à la primaire socialiste, la sénatrice de Paris, Marie-Noëlle Lienemann, souhaite augmenter fortement les remboursements de la Sécurité sociale. Cela dit, l’ancienne ministre, située à l’aile gauche du Parti socialiste, se dit « mutualiste dans l’âme » et pense que les mutuelles solidaires verront leur place grandir si le champ du régime de base s’élargit car les assurances privées devraient se détourner d’un marché devenu beaucoup moins attractif. Elle veut, par ailleurs, remettre à plat l’ANI et défend le tiers payant généralisé.

couv_3-4-5-11-2016– Comment voyez-vous l’articulation entre assurance maladie de base et complémentaires santé ? Quel devrait être selon vous le panier de soins remboursable pas l’assurance maladie ? 

Je défends une forte augmentation des remboursements de la Sécurité sociale car je veux consolider le régime de base. Il faudrait atteindre, au minimum, un taux de 80% des soins pris en charge par l’assurance maladie et 100% pour les lunettes et les prothèses dentaires. Trop de nos concitoyens ne peuvent correctement avoir accès à ces soins. Il y a eu trop de transferts de charges vers les complémentaires ces quinze dernières années.

Cela dit, je suis une mutualiste dans l’âme et serai toujours attentive aux mutuelles solidaires. Ma proposition réduira leurs interventions dans les remboursements sans les supprimer intégralement. Elles redeviendront de véritables acteurs venant en complément de la Sécurité sociale. Et elles pourront, par ailleurs, valoriser leurs missions naturelles d’accompagnement et de prévention. Leur place devrait également grandir dans le monde de la complémentaire car, si on élargit le champ de l’assurance maladie, ce marché sera moins intéressant pour les assurances privées qui devraient logiquement s’en détourner.

L’ANI, soit la complémentaire obligatoire en entreprise, a abouti à une forte segmentation des couvertures : CMU, ACS, complémentaire en entreprise, complémentaire seniors, complémentaire individuelle. Envisagez-vous une réforme pour sortir de cette complexité ?

L’ANI est une usine à gaz technocratique et inopérante car, en généralisant la complémentaire santé dans l’entreprise, on aboutit à une couverture à la baisse pour tous les salariés. Il y a donc une nécessité à remettre de l’ordre et à en finir avec cette segmentation des droits suivant les situations. J’ai d’ailleurs trouvé aberrant de généraliser la mutuelle avant de définir ce que rembourse la Sécurité sociale et j’ai voté contre l’ANI. J’ai souvent regretté le manque de cohérence d’ensemble et de vision globale dans la politique gouvernementale.

Pour ma part, je défends au contraire une Sécurité sociale de haut niveau et identique pour tous. Et je fais deux propositions pour son financement. D’une part, je veux renforcer la CSG en la rendant progressive et en la fusionnant avec l’impôt sur le revenu (IR). A partir de là, le premier niveau de l’IR serait consacré à la santé et ainsi sanctuarisé. D’autre part, je souhaite asseoir les cotisations non plus sur la masse salariale mais sur la valeur ajoutée de façon à ce que les entreprises très compétitives à faible main d’œuvre contribuent autant que celles qui ont beaucoup de personnel.

Quelle est votre position sur le tiers payant généralisé ? Quelles sont les mesures que vous préconisez pour améliorer l’accès aux soins ? 

Je suis favorable à cette réforme du tiers payant qui va faciliter l’accès aux soins et j’espère qu’elle va entrer en vigueur. Bien sûr, il faut s’assurer que les médecins soient payés dans les temps et sans complications.

Par ailleurs, je pense qu’un enjeu fondamental est la limitation des dépassements d’honoraires. Le gouvernement actuel a tenté de plafonner ces dépassements par un accord conventionnel avec les médecins, le contrat d’accès aux soins. Devant le peu d’efficacité de la méthode, je prône l’adoption d’une loi.

Enfin, pour venir à bout des déserts médicaux, il faut certes multiplier les mesures incitatives mais ne pas s’interdire des actions plus contraignantes, notamment en proscrivant les primo-installations en zones sur-denses. Il faut aussi en finir avec l’absurde numérus clausus et créer des maisons de soins, organiser des réseaux pour les remplacements et, pourquoi pas, aller jusqu’à des aides financières à l’installation. Mais, ce qui, selon moi, doit être la priorité absolue, c’est de faire de l’hôpital public le pilier de notre système de soins car c’est là qu’est la garantie de la qualité. Il doit avoir beaucoup plus de moyens et assurer un statut de médecin hospitalier plus attractif.

Deux jours de campagne en PACA


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marc_vuillemotJ’étais accueillie à la Seyne-sur-Mer (Var) par Marc Vuillemot, le maire, bon nombre de membres de son équipe municipale, et aussi Pierre Sias, membre du secrétariat fédéral du Var du PS.

La Seyne est l’une des rares grandes villes de la région PACA qui soit restée à gauche. C’est le fruit d’un travail local concret, avec les habitants, les acteurs locaux, pour l’emploi, la reconquête économique, la qualité de la vie, les services publics, le pacte républicain.

C’est aussi la conséquence d’un choix politique clair : rassembler toute la gauche et les écologistes… Je suis très honorée d’avoir le soutien et le parrainage d’un maire engagé et qui affronte sans défaillir le Front National, son idéologie si souvent reprise par la droite de cette région.

Dimanche, se tenait le forum des associations. Le tissu Seynois est particulièrement dynamique et nous avons pu parler du projet que je défends pour 2017 : la création d’un ministère et d’un grand service public de l’éducation populaire.

15253662_692166060961456_6617851745831479527_nLundi matin, j’ai retrouvé avec Arnaud Delcasse, le secrétaire de la section PS d’Antibes (Alpes-Maritimes), les responsables de Tetris, une structure qui, à Grasse dans les Alpes Maritimes, porte un plan de développement territorial de l’Économie Sociale & Solidaire. Passionnantes rencontres. Ils me présentent à la fois les recherches qu’ils mènent avec des universitaires, et les actions qu’ils mettent en œuvre en faveur de l’économie circulaire et solidaire.

Lundi soir, une réunion publique, en vue de la primaire citoyenne, a permis un beau débat avec des citoyens engagés dans les différents partis de gauche et de l’écologie mais aussi dans les syndicats, les associations. Des amis des Bouches-du-Rhône et en particulier Nora Maklouf, membre du Bureau National du PS, élue d’Arles, étaient venus pour partager ce temps de conviction et de mobilisation.

L’actualité était très désarmante, avec un affrontement inédit entre le Président de la République et le premier ministre, avec un émiettement de la gauche. Mais il ne faut pas oublier l’essentiel : le projet que nous devons proposer aux Français pour sortir de la crise profonde qui fragilise notre pays et la vie quotidienne de tant de nos concitoyens.

unnamedIl est urgent de proposer une alternative de gauche qui s’oppose radicalement au projet conservateur et thatchérien de Fillon mais qui ouvre aussi un cycle nouveau : celui d’une relance fondée sur la justice sociale, la reconquête industrielle, la transition écologique et numérique, et un nouvel élan du pacte républicain.

J’ai présenté 17 propositions concrètes pour 2017, en particulier le SMIC à 1300 euros tout de suite. J’ai lancé un appel au gouvernement pour qu’il ne suive pas les ” recommandations” des experts – qui viennent d’être publiées – contre un coup de pouce au SMIC. Si tel était le cas, ce serait la premier fois dans l’histoire qu’un gouvernement de gauche n’augmente pas vraiment les bas salaires et le salaire minimum !

Retours presse sur le déplacement en PACA


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Marie-Noëlle Lienemann était dimanche 27 et lundi 28 novembre 2016 dans le Var et dans les Alpes-Maritimes pour rencontrer les acteurs locaux et une réunion publique régionale lundi soir à La Seyne-sur-Mer, à l’invitation de Marc Vuillemot, maire de la ville et président de l’association des Maires “Ville & Banlieue”, un de ses principaux soutiens.

Retrouvez ci-dessous les articles de presse qui sont consacrés à ce déplacement dans Var Martin et La Marseillaise.

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Marie-Noëlle Lienemann : « Je prône une politique keynésienne, c’est-à-dire de relance »

Écrit par  – mardi 29 novembre 2016 08:52

En déplacement en région Paca ce week-end, Marie-Noëlle Lienemann, candidate à la primaire de gauche, s’est exprimée sur son projet lundi soir, lors d’un meeting à La Seyne-sur-Mer.

La députée de Paris et ancienne ministre du Logement (gouvernements Bérégovoy et Jospin) incarne l’aile gauche du Parti socialiste. C’est en ce sens qu’elle est soutenue par le maire de La Seyne, Marc Vuillemot (PS), qui l’a notamment conviée sur le forum des associations qui se tient ce dimanche dans la deuxième ville du Var. Marie-Noëlle Lienemann se rendra également, lundi, au centre de recherche Tetris de Grasse « afin de rencontrer des acteurs qui œuvrent dans le domaine de l’économie sociale et solidaire ».

Vous avez choisi La Seyne pour votre meeting régional, est-ce en réponse à une invitation de son maire qui vous a accordé son parrainage ?

Avec Marc Vuillemot nous sommes politiquement dans le même courant depuis longtemps, il est logique que je vienne à La Seyne, mais c’est également symbolique car le travail qui y est fait dans les quartiers, sur la ville, sur son développement me paraît intéressant. C’est aussi l’une des deux seules villes Paca de plus de 60 000 habitants de gauche.

La gauche qui ne siège plus ni au sein de l’assemblée régionale de Paca, ni au sein du Conseil de département du Var…

J’ai justement voulu venir en PACA pour dire qu’il ne faut pas se résigner à cette situation. Il nous faut à la fois mobiliser notre électorat et reconquérir les couches populaires et moyennes qui se sont tournées vers l’extrême droite. Cela, avec un candidat qui soit au cœur de la gauche, qui propose une gauche concrète, qui réponde immédiatement aux besoins des Français et aux problèmes d’aujourd’hui, comme la question des salaires, celle des remboursements des soins, la régulation des loyers et la construction de logements.

Votre projet repose sur l’idée de justice sociale vectrice du redressement, pouvez-vous nous en décrire le mécanisme ?

Le paradoxe des paradoxes, c’est qu’on voit bien qu’il y a une remise en cause du libéralisme, de la dérégulation et de la concurrence mondiale dans de plus en plus de pays. Or la droite française et parfois même la gauche choisissent encore des politiques d’accélération du libéralisme. Pour ma part, je prône une politique radicalement opposée qu’on pourrait qualifier de keynésienne, c’est-à-dire de relance.

Vous proposez donc un plan de relance (de 35 milliards d’euros), comment comptez-vous le mettre en œuvre ?

La différence entre une politique de relance de gauche et une politique de relance de droite, c’est que celle de droite prévoit une baisse des impôts pour les plus riches, tandis que celle de gauche s’appuie sur le soutien des salaires et la consommation des couches populaires. D’où ma proposition d’augmenter le SMIC à 1300 euros (nets) immédiatement. Une autre proposition touche à la fiscalité, elle vise à rendre la CSG progressive afin qu’elle pèse moins sur les petites retraites et les petits revenus, toujours pour rendre du pouvoir d’achat aux couches populaires. Il ne sert à rien de faire une politique de l’offre quand la consommation est atone.

Et il y a le deuxième volet, celui de l’investissement. Il faut faire tourner la machine en soutenant le développement durable, ainsi qu’en introduisant les nouvelles technologies et le numérique. La France accuse un gros retard dans le domaine de la robotisation. Il faut donc injecter de la modernité et de l’innovation .

Et avec quels financements ?

On a donné le CICE aux entreprises sans contreparties, or j’estime qu’avec ces 41 milliards on peut augmenter le SMIC tout de suite. Je souhaite aussi qu’on réforme le mode de calcul des cotisations sociales en l’adossant moins sur la masse salariale mais davantage sur la valeur ajoutée produite dans l’entreprise.

En ce qui concerne l’investissement, je prône un emprunt, sachant qu’actuellement les taux d’intérêt sont bas.

Autre pilier de votre programme, « le pacte républicain » implique-t-il un renforcement du service public ?

Je préconise une loi qui garantira la présence du service public sur l’ensemble du territoire. La question de la santé est une urgence absolue, il faut remettre l’hôpital public à flot. Mais également combattre la désertification médicale, éventuellement en imposant certaines zones aux jeunes médecins qui démarrent.

Je pense qu’il faut continuer l’effort en direction de l’école publique. On n’a pas mis suffisamment de moyens pour favoriser la mixité sociale. Dans les secteurs prioritaires, il faut par exemple doter les écoles de trois postes de maîtres pour deux classes.

Je constate aussi que l’aménagement des rythmes scolaires peut accroître les inégalités : les communes n’ont pas toutes les mêmes moyens et les activités sont très hétérogènes en qualité. Je propose donc de créer un service public de l’éducation populaire afin que les activités soient financées par l’État et que des coordinateurs organisent sur le territoire une offre d’activités variée à laquelle tout le monde aura accès. Ce service public de l’éducation populaire permettra en outre de transmettre les valeurs de la République.

La question du pacte républicain est au cœur de cette primaire et de cette présidentielle.

Le thème de la sécurité est central dans cette campagne, quelle est votre position sur le sujet ?

Je demande depuis plusieurs années qu’il y ait en France une loi de programmation Sécurité intérieure comme il y a une loi de programmation militaire. D’abord pour que les Français sachent de quoi on a besoin, combien de policiers sont sur leur territoire et pour clarifier leurs missions et priorités. Il faudra aussi renforcer les services de renseignements sur le terrain pour lutter contre le terrorisme. Je souhaite cette loi de programmation, pas seulement pour la police, mais aussi pour la justice. Car la justice n’a pas les moyens d’agir correctement. La vraie question aujourd’hui n’est pas le durcissement des peines mais l’efficacité et les moyens réels donnés à la police et à la justice.

Propos recueillis par Laurence Artaud

Var Matin – mardi 29 novembre 2016

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Les congés payés une idée toujours neuve : La 6ème semaine en 2017 !


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image-1Je participais mercredi 23 novembre à une rencontre pour fêter les 80 ans des caisses de congés payés. Nous avons oublié l’immense progrès qu’a représenté l’instauration des congés payés et les combats de la gauche pour les étendre. La 5ème semaine de congés payés date maintenant de 1981, avec l’arrivée de François Mitterrand. 35 ans déjà et pas de nouvelles avancées.

Pourtant si la polémique continue à faire rage sur les 35H et si la droite veut les remettre en cause, personne ne s’aventure à contester le bien-fondé des congés payés. Tous les salariés y sont attachés, d’autant que leur mise en œuvre n’a en rien obéré le niveau des salaires.

Il faut aussi souligner que les congés payés, au-delà du progrès social indéniable qu’ils représentent, ont un effet bénéfique sur notre économie, en particulier sur le secteur du tourisme et des loisirs. Car si notre pays dispose d’activités touristiques nombreuses et variées, c’est certes grâce à son attractivité pour les touristes étrangers mais aussi et beaucoup à travers les séjours, visites, activités des Français.

Une nouvelle étape de la réduction du temps de travail s’impose. A chaque étape du développement des technologies. L’homme produit de plus en plus de richesse avec de moins en moins de travail. Et à chaque fois, la gauche, les mouvements syndicaux ont combattu pour que ces évolutions s’accompagnent d’une réduction du temps de travail et une redistribution des richesses, en particulier des salaires. Car sinon c’est la valorisation du capital qui capte ces avancées. Nous sommes à nouveau devant cet enjeu.

C’est d’autant plus vrai que pendant longtemps on a tenté de faire croire que si avec ces techniques, des emplois disparaissaient d’autres se créaient. Certes, cela demeure vrai mais les emplois créés sont bien moins nombreux que ceux qui disparaissent.

La réduction du temps de travail, est avec une politique de relance de l’activité l’un des piliers d’une politique de restauration du plein emploi.

La France compte actuellement 6,5 millions d’inscrits à Pôle emploi, 2,8 millions de plus qu’en 2008. Le chômage de masse mine depuis longtemps déjà la société hexagonale, mais ce fléau a pris une ampleur sans précédent ces dernières années. Il y a urgence à réagir et nous ne pouvons contenter d’attendre, même avec la politique de relance qui pourra booster notre croissance de 2 points de PIB et créera dès la première année 350 000 emplois. Cela est important mais ne suffira pas.

Pour redresser les capacités industrielles de la France, il faut accélérer la robotisation et la révolution numérique et simultanément impérativement partager ce gain technologique entre le profit et les conditions faites aux salariés.

Le partage du travail prend aujourd’hui un visage redoutable : chômage, temps partiels subis, avec à la clef, une paupérisation des travailleurs.

Nous devons y opposer une autre voie : « travailler moins pour travailler tous et mieux ».

La réduction du temps de travail doit être utilisée non seulement pour réduire le chômage, mais aussi pour reprendre la marche en avant du progrès social et sociétal, en favorisant des modes de vie plus équilibrés et plus respectueux de l’environnement.

Alors, vite du concret !

Je propose que dès 2017 soit votée une sixième semaine de congés payés.

Ces congés qui pourront, à la différence de ce qu’il se fait aujourd’hui, être placés sur le compte épargne temps, ce qui permettra d’engager une nouvelle étape de la réduction du temps de travail tout au long de la vie.

J’ai eu l’occasion lors de la rencontre du 23 Novembre organisée à la maison de la chimie de souligné tout l’intérêt qu’il y a à consolider les caisses de congés payés qui sont déjà un outil efficace, simplifiant les démarches des entreprises, garantissant les salariés. Elles seront d’autant plus utiles pour assurer la gestion de ces congés qui pourront être cumulés dans le temps.

Cette semaine supplémentaire sera une opportunité pour tous. Mais je pense tout particulièrement aux jeunes parents qui ont souvent des réelles difficultés de garde pendant les vacances, à celles et ceux qui veulent pouvoir engager des formations ou participer à des actions humanitaires ou associatives.

Message de Marc Vuillemot, maire de La Seyne-s/Mer


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Dans la perspective des primaires de la gauche, Marc VUILLEMOT, Maire de La Seyne-sur-Mer (Var), et Marie-Noëlle Lienemann vous convient à une rencontre d’échanges le LUNDI 28 NOVEMBRE à 18 heures 30 à la Bourse du Travail – 42, avenue Gambetta – 83500 LA SEYNE-SUR-MER.

* * *

marc_vuillemotChers camarades socialistes,
Chers sympathisants de la gauche,
Chers amis de la République et de la démocratie,

J’ai choisi de soutenir la candidature de Marie-Noëlle LIENEMANN pour les élections primaires
que le Parti socialiste organise les 22 et 29 janvier prochains. Pourquoi ?…

CE N’EST PAS PARCE QUE RÈGNENT TRISTESSE OU COLÈRE…

En 2012, plus d’un million de Provençaux, Alpins et Azuréens ont choisi François Hollande. Ils n’étaient sûrement pas tous de gauche, mais attachés aux valeurs républicaines et démocratiques.

Beaucoup sont aujourd’hui désabusés, tristes ou en colère au regard des espoirs placés dans l’alternance. Et nombre de militants et sympathisants socialistes sont comme moi, bien ennuyés par l’absence de projet et le climat autour de la désignation d’un candidat pour 2017.

Mais, dans notre région plus qu’ailleurs, nous savons le risque que représenterait l’élection d’un Président de la République issu de l’extrême-droite ou de la droite devenue extrême tant elle court aujourd’hui après les idées nauséabondes du FN sur fond d’exacerbation des questions identitaires, de galvaudage de l’idée nationale, de rejet des différences, de sentiment cultivé d’insécurité et de désignation de boucs émissaires. On risque fort de comprendre notre douleur.

FAIRE FACE À L’EXTRÊME DROITE ET UNE DROITE QUI S’EXTRÉMISE

Il ne faut rien lâcher, aussi minimes que paraissent être les chances de préserver le pays des funestes projets de nos adversaires.

Car ces adversaires, ce sont, au FN et de plus en plus à droite, les ennemis de la République et de ses valeurs. M. Estrosi, président de la Région, soutien affirmé de M. Sarkozy, l’a encore prouvé avec ce récent vote « anti-migrants » du conseil régional qui reprend, en substance, les thèmes de la campagne que mène le FN sur le sujet, et a d’ailleurs recueilli toutes les voix des élus d’extrême-droite. Ô combien j’ai eu raison de ne pas faire confiance au président de la métropole niçoise et aux caciques du PS lorsqu’ils ont scellé ce soi-disant « pacte républicain » qui a conduit au renoncement à présenter une liste de la gauche unie au second tour des régionales de 2015, nous rendant aujourd’hui inaudibles !

Raison de plus pour ne pas laisser le champ libre.

La gauche n’a d’autre choix que d’aller unie à la bagarre. Les positions de Mélenchon et des Verts ferment pour l’instant cette voie. Et les « droitiers » du PS n’en veulent pas non plus. Mais je ne veux pas rendre les armes avant d’avoir épuisé toutes mes cartouches.

AU PS, IL Y A D’AUTRES VOIES QUE CELLE DU RENONCEMENT À L’UNITÉ

C’est pourquoi je considère que la primaire citoyenne de janvier revêt un enjeu majeur.

Filoche, Hamon et Lienemann portent tous trois un projet susceptible de créer les conditions de l’unité de la gauche. Certes ces trois-là auraient été bien inspirés (il est encore temps) de ne pas aller à la « sélection » en rangs dispersés.

Le débat citoyen doit avoir lieu, avec et face aux Français, par le canal des médias, des réseaux sociaux, des réunions publiques, des échanges directs. Ceux de notre peuple que nous désespérons aujourd’hui et qui nous faisaient confiance hier, les humbles et les classes moyennes notamment, doivent entendre que, au PS, il n’y a pas que la voie du renoncement au changement et à la perspective unitaire de la gauche.

En Provence Alpes Côte d’Azur, il ne se passe pas de jour sans que l’extrême-droite ne grappille aux partis républicains quelques électeurs qui leur faisaient naguère confiance. Peu importe que, dans les collectivités où le FN siège, ses élus se chamaillent, démissionnent, soient exclus ou suspendus : l’hydre est suffisamment vivace pour se régénérer. Et on aurait tort de compter sur les divisions de la droite régionale sur fond de postures pré-présidentielles de ses leaders : quelque chef aura tôt fait de siffler la fin de la partie.

Seul un projet de rupture et d’unité peut constituer un rempart à un avenir funeste.

IL Y A PLACE POUR UN PROJET CONFORME AUX IDÉAUX SOCIALISTES

Je vais donc promouvoir celui porté par Marie-Noëlle LIENEMANN, par fidélité à sa personne et en linéarité avec mon implication constante pour une alternative de rupture avec le capitalisme financier, dans les courants du PS où je l’ai toujours côtoyée.

Je veux convaincre qu’il faut voter à la primaire de la gauche et qu’il y a place au PS pour un projet conforme aux idéaux de la gauche sociale.

Notre histoire prouve que nous avons parfois surpris aux pires moments de l’adversité.

Marie-Noëlle LIENEMANN et moi espérons avoir le plaisir de vous accueillir pour en parler à la Bourse du Travail de La Seyne le 28 novembre.

Marc VUILLEMOT

Soyons fiers de notre fonction publique !


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Soyons fiers de notre fonction publique ! Controns les attaques de la droite !

La droite va, pendant la présidentielle 2017, faire campagne contre les fonctionnaires. Ils seraient quasiment la cause de tous nos maux :

  • ils seraient trop nombreux ;
  • ils ne travailleraient pas assez ;
  • ils bénéficieraient d’avantages indus pour leurs retraites…

C’est hélas un leitmotiv récurent des libéraux et de la droite française. Et si ces thèses s’installent dans l’opinion publique, c’est aussi parce que la gauche, une partie de la gauche, a été très complaisante et n’a pas mené le combat pour défendre la nécessité d’un nombre important de fonctionnaires d’État, territoriaux et hospitaliers.

Lorsque François Hollande s’est engagé à créer 60 000 postes d’enseignants, il a indiqué que cela serait financé par des redéploiements dans d’autres secteurs, se plaçant sur la défensive et semblant justifier qu’il ne faut pas accroître les postes dans la fonction publique… peu a peu s’installe l’idée que nous serions sur-administrés : il est pourtant peu probable que nos concitoyens se disent la même chose lorsqu’ils sont concrètement confrontés à la fermeture de certains commissariats de quartiers, au maintien des difficultés en termes de non remplacements des enseignants absents ou à l’engorgement des urgences hospitalières.

Dans les postures des conservateurs, libéraux et sociaux-libéraux, cette sur-administration serait responsable d’une dérive de la dépense publique. Pourtant si la France a du mal à réduire les déficits publics, ce n’est pas parce que la dépense publique ne baisse pas suffisamment, c’est parce que la réduction de la voilure de l’intervention publique provoque une moindre croissance et des recettes plus faibles… ainsi le déficit ne se résorbe pas et en tout cas très peu au regard des dégâts sociaux créés. En revanche, il faut que la dépense publique soit bien ciblée en terme de justice sociale, d’aménagement du territoire, de soutien à l’activité et à l’industrie.

De ce point de vue le poids considérable pris par les crédits d’impôts qui grèvent fortement les finances publiques est un mauvais choix, surtout lorsqu’ils sont sans contreparties et non ciblés.

Les dépenses publiques en France ne sont pas excessives, elles ne sont pas toujours bien orientées. Mais ce qui manque surtout c’est une politique de relance.

Il faut regarder avec objectivité ce qu’il en est. En général, on nous abreuve de comparaisons européennes.

Notre dépense publique serait-elle hors de raison ? Nous aurions le record toute catégorie des dépenses publiques en pourcentage du PIB. D’abord, ce n’est pas exact, il y a au moins le Danemark qui nous dépasse de plus d’un point et demi. Mais il est vrai que l’on se trouve à 6,5 points au-dessus de la moyenne européenne. Mais l’essentiel de cet écart est lié aux dépenses de protection sociale, un peu l’enseignement – mais on dépense moins qu’en suède, au Danemark et au Royaume-Uni –, la défense – moins qu’au Royaume-Uni – et pour le logement et équipements collectifs.

En revanche, contrairement à ce qu’on dit le train de vie de l’État n’est pas trop coûteux puisque dans les comparaisons européennes, les dépenses dites services généraux se situent pour la France en dessous de la moyenne européenne (6,4% PIB en France pour 6,8% pour moyenne zone Euro). Et si, dans les dépenses publiques, nous enlevons la protection sociale, l’ensemble des dépenses de l’État et des collectivités locales représentent 22,4% du PIB soit moins que la moyenne de la zone euro (22,6%).

Donc tous les raisonnements sur la baisse de la dépense publique, des crédits budgétaires et la réduction du nombre de fonctionnaires sont hors de propos. Qu’on cherche à mieux gérer tous ces crédits pour améliorer l’efficacité, mieux atteindre nos objectifs en particulier de croissance et d’emploi et combattre les gaspillages est un exercice salutaire et normal en démocratie. Mais théoriser la baisse conséquente de ces dépenses est une erreur.

Rappelons que la dépense publique n’a jamais cru aussi peu que ces dernières années, qu’elle ne connaît donc nulle dérive et qu’au contraire, elle est déjà soumise à de nombreuses restriction. Elle n’a augmenté en volume que de 1,4% par an en moyenne depuis 2007, contre plus de 2% par an au cours de la période antérieure. Cette hausse ne sera même plus que de 0,9% en 2013 et de 0,5% en 2014 !

Si, depuis le début de la crise, la part des dépenses publiques par rapport au PIB s’est accrue, malgré tous ces efforts de maîtrise, c’est seulement parce que la croissance (au dénominateur) fait défaut. Voilà un des enjeux majeurs du changement indispensable de cap : rien n’est plus urgent qu’un plan de relance. Le psychodrame chronique entretenu sur le coût démesuré de l’État et le nombre de fonctionnaires par les programmes de la droite fait donc peser une grave menace de récession mais surtout de régression de la qualité, de la présence des services publics et au final de notre pacte républicain.
Or, s’il est vrai qu’il faut réorganiser l’État, améliorer la qualité et l’efficience des services publics – en associant d’ailleurs plus étroitement les fonctionnaires qui sont souvent les premiers à observer des dysfonctionnements et à proposer de nouvelles pratiques –, cela ne peut en aucune façon se faire en réduisant les crédits et les effectifs. Au contraire. Chacun s’alarme chaque fois que des fraudes sont observées dans l’agro-alimentaire, que le respect des normes sociales n’est pas assuré avec les travailleurs détachés venant d’autres pays européens mais ne veut pas voir que nous manquons de personnels pour les contrôles sanitaires, à la direction de la consommation et des fraudes ou d’inspecteurs du travail. Qui ne voit que nous manquons de postes dans les services fiscaux pour accroître la chasse à l’évasion et à la Fraude fiscale… sans parler du manque de juge et de greffiers, de policiers et de tant d’autres secteurs. Il est temps de regarder avec précision comment concevoir l’État pour le XXIème siècle.

La Matinale de France Inter – samedi 19 novembre


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Emmanuel Macron candidat, la primaire de la droite qui prend fin, les choses se mettent en place pour la présidentielle. Le point à gauche, avec Marie-Noëlle Lienemann.

Marie-Noëlle Lienemann à Reims, le 9 septembre 2016.
Marie-Noëlle Lienemann à Reims, le 9 septembre 2016. © AFP / FRANCOIS NASCIMBENI

A 5 mois des élections présidentielles, le paysage se dessine de plus en plus précisément. La primaire de la droite approche de la fin, Emmanuel Macron a présenté sa candidature officielle.

Où en est-on à gauche ?

L’invitée politique est Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris et candidate à la primaire de la gauche.

Réécouter l’émission en cliquant ici

Entretien avec “Parents-Professeurs Ensemble”


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Marie-Noëlle Lienemann recevait en octobre dernier l’association “Parents-Professeurs Ensemble”. L’occasion de discuter à bâtons rompus sur sa vision de l’école, ses inquiétudes sur les difficultés rencontrées aujourd’hui par le monde de l’éducation et les propositions qu’elle fait pour ramener l’école républicaine sur les chemins de la réussite.

 

Marie-Noëlle Lienemann : sa vision de l’école en France
"Il n'y a quasiment pas de débat sur l'école, ça m'inquiète. Il faut un débat de société."
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«  Il faudrait un nouveau compromis pédagogico-politico-culturel sur l’avenir de l’école publique et de l’éducation en France. 
Il faut que ce débat parte beaucoup de la base parce que, pour le coup, je ne crois pas qu’il partira du sommet. »
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«  Je préconise que l’on crée un grand service public de l’Education populaire qui est complémentaire à l’école. »

Emmanuel Macron : Et de droite, et de droite !


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Les 8 propositions d’Emmanuel Macron, récemment publiées dans l’Obs sont toutes inspirées par la même logique libérale : la liberté du renard libre dans le poulailler libre, la flexibilité, l’individualisation à outrance.

Alors lorsqu’il prétend être et de gauche et de droite, l’analyse de ses propositions est sans appel : il est de droite et de droite. En écho à la phrase de François Mitterrand qui lorsqu’on lui disait que le centre n’était ni de droite ni de gauche, répondait il n’est ni de gauche , ni de gauche.

1- la remise en cause des 35h, un temps de travail différent selon l’âge, le retour à la logique du “SMIC jeune”

Les thèses libérales sont assumées avec une désarmante naïveté ou plutôt un cynisme calculé.

« Les salariés qui le souhaiteraient pourraient travailler moins à partir de 50 ou 55 ans, 30 heures, 32 heures pourquoi pas ? », mais payées à quel salaire ? Car il est déjà possible de demander des temps partiels et même des départs progressifs à la retraite… En réalité il s’agit d’instaurer des négociations collectives de branches.

Son raisonnement est complété par « en revanche, quand on est jeune, 35h ce n’est pas long ! »

Comment accepter cette vision caricaturale. Les plus de 50 ans seraient usés et les jeunes au motif d’être frais émoulus devraient accepter d’être corvéables ! Faut il rappeler que ce n’est pas le salarié qui choisit son temps de travail mais le patron !?

Les jeunes travailleraient davantage et les aînés moins. Cela revient à avoir un salaire horaire plus bas pour les jeunes, que pour les plus âgés, bafouant ainsi le principe « à travail égal, salaire égal ».

C’est une mise en concurrence entre les jeunes et les plus âgés, avec des phénomènes d’éviction redoutables.

L’argumentaire d’Emmanuel Macron vaut son pesant d’or : « quand on est jeune, 35H ce n’est pas assez. On veut travailler plus, on veut apprendre son Job » qu’il aille expliquer cela aux jeunes qui ont des métiers pénibles, qui pour beaucoup sont plus formés qu’on ne le dit et encore plus à ceux qui sont parents de jeunes enfants.

Manifestement, « aller à la rencontre des Français » ne lui a guère permis de mieux percevoir la réalité des conditions de vie de nos concitoyens… sans compter ce paternalisme patronal vieux comme le monde : « un entrepreneur raisonne ainsi : je veux bien l’embaucher, mais il va apprendre son Job, en entrant dans mon entreprise, donc il faut qu’il effectue davantage d’heures… ». Effarant !

Inutile de dire que ce genre de suggestion technocratique est impraticable dans la plupart des entreprises où les salariés auraient des heures de travail différentes et ça changerait à chaque embauche. Quel cafouillage !

2- la vielle lune des inclus et des exclus et la solution sans cesse rabâchée par les libéraux, le nivellement par le bas, le déclassement partagé !

Selon lui, si l’accès à l’emploi est difficile pour certain, c’est parce que les autres seraient trop protégés. Ce ne serait pas parce la politique économique ne permet pas la relance de l’activité, ni parce que faute de partager les richesses on ne permet pas de soutenir des emplois pourtant nécessaires !

Emmanuel Macron recycle le même discours éculé depuis 30 ans mettant en opposition les salariés ayant obtenu des acquis dans les grandes entreprises et les autres « Prenez par exemple un employé en CDI dans un grand groupe et une personne qui fait exactement le même travail, parfois à côté de lui, mais pour le compte d’un sous-traitant ou d’une agence d’intérim. Ils n’ont pas les même droits ni les même protections. C’est là une injustice profonde ! ».

Certes… nous le dénonçons d’ailleurs depuis des années : nous demandons que la continuité contractuelle chez les sous-traitants soient inscrite dans la loi, imposant des cadres sociaux comparables, réduisant aussi la tendance à l’externalisation des activités par les grands groupes qui captent la richesse en pressurant les PME, qui elles créent les emplois.

Non, Emmanuel Macron ne propose pas des convergences vers le haut, mais un nivellement vers le bas et la flexibilité généralisée.

3- encore plus loin que la « loi travail » : le droit du travail « en fonction des spécificités du secteur économique » ou la loi de la jungle…

Tout ce que les Français ont refusé dans la loi travail est repris à une plus grande échelle et même généralisé. La loi définit un socle social minimum et « la mise en œuvre de ces droits et les autres questions devraient être renvoyés aux accords majoritaires entre employeurs et salariés au niveau de la branche et pour certains au niveau de l’entreprise ».

La pensée d’Emmanuel Macron manque singulièrement de cohérence car quelques paragraphes plus haut, dans le même entretien, il fustige – à juste titre – le fait que les droits formels ne deviennent pas des droits réels. Sauf que, justement, cette mise en œuvre de droits sociaux en fonction du rapport de force des salariés dans l’entreprise ne peut qu’attiser ce décalage. C’est d’ailleurs pourquoi il le propose avec toujours en ligne de mire la baisse du « coût du travail » en stimulant une forme de dumping social à l’intérieur du pays.

4- la gestion étatique de l’Unedic et l’affaiblissement des syndicats.

On a droit à l’éternelle ritournelle sur les bienfaits du dialogue social ; et pourtant quand il s’agit d’affaiblir les syndicats et le paritarisme, Emmanuel Macron y va bon train.

Il propose de faire gérer l’assurance chômage et l’Unédic par l’État, au motif spécieux qu’in fine l’Etat assure l’équilibre financier, argumentant avec cette formule bien à droite : « il n’y a rien de pire qu’un système où celui qui décide n’est pas celui qui paye ! » (On imagine la mise en œuvre systématique de cette règle, avec les riches qui décident plus que les pauvres de l’usage des impôts !).

Au demeurant, ce sont les cotisations des salariés qui abondent l’assurance chômage. Et d’ailleurs, Emmanuel Macron ne dit rien des cotisations qui pourraient prendre en charge ce qu’il propose, à savoir des garanties chômage pour les auto-entrepreneurs qui pour l’heure ne cotisent pas ! j’espère qu’il ne compte pas faire payer les salariés parfois concurrencés par ces auto-entrepreneurs pour payer leurs allocations chômage !

5- aucune stratégie économique de relance, de reconquête industrielle, la poursuite de l’étranglement de la demande intérieure.

On pourrait attendre de l’ex ministre des finances qui veut faire tomber la plupart des « tabous » (en réalité des principes essentiels de gauche), qu’il s’en prenne aussi à ceux de la droite.

Force est de constater qu’il ne remet rien en cause des dogmes de la politique de l’offre et que c’est d’autant plus stupide et grave que la demande mondiale est faible et qu’il y a de marges de manœuvres importantes en France et en Europe.

Rien n’ont plus sur la mise en place de plans de filières pour assurer la reconquête industrielle, rien n’ont plus sur la nécessité d’engager des mesures ciblées de protection de notre marché intérieur contre les dumpings sociaux fiscaux environnementaux et contre l’exploitation des travailleurs détachés.

* * *

Bref nous payons déjà très cher l’incurie des orientations qu’il a instillées d’abord à l’Élysée puis comme ministre des finances – et que le Président de la République a complaisamment faites siennes – pour appeler les déçus du quinquennat – et qui avait fait l’élection de François Hollande – de ne pas se laisser berner par le mirage du changement version Emmanuel Macron…

Il est en marche arrière !

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