J’ai décidé de ne pas présenter ma candidature à la primaire de la gauche

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J’ai décidé de ne pas présenter ma candidature à la primaire de la gauche


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J’ai décidé de ne pas présenter ma candidature à la primaire de la gauche.

La semaine dernière, j’ai lancé un appel à Arnaud Montebourg et à Benoît Hamon afin de proposer une candidature unique pour incarner une alternative capable de rassembler largement à gauche et de proposer au pays une voie nouvelle et une politique tournant le dos aux dérives libérales qui ont trop marqué le quinquennat qui s’achève.

J’estime toujours qu’il est souhaitable que nous fassions la preuve de notre capacité à construire une dynamique unitaire, faisant de notre diversité une richesse, proposant un socle commun répondant aux attentes des Français, aux exigences de justice sociale, présentant une stratégie de sortie de crise et une vision d’avenir pour la France.

Manifestement mon appel n’a pas été encore entendu, je le regrette mais je garde entière cette volonté de privilégier ce qui nous unit. Cela ne doit pas être étouffé par la mise en avant des différences que chacun a tendance à souligner dans un premier tour de scrutin.

Pour la gauche, l’unité et le rassemblement sont le talisman de la victoire. Lorsque nous sommes au pouvoir, c’est aussi la condition de sa réussite, du succès d’une politique de transformation sociale. Force est de constater que chaque fois que nous y dérogeons, l’échec et de difficiles périodes se profilent.

Dans ces conditions, je n’ai pas souhaité que ma candidature contribue à l’émiettement des voix.

Cette candidature trouvait sa légitimité dans la permanence, la cohérence, la clairvoyance de mes analyses et positions depuis le début du quinquennat et singulièrement depuis la ratification du TSCG et sa logique austéritaire. Elle s’appuyait sur un programme sérieux, précis, qui s’était étoffé au cours de ces dernières années, durant lesquelles je n’ai cessé de plaider en faveur d’une réorientation majeure de la politique gouvernementale. J’ai refusé la logique des Pactes de Compétitivité et de Responsabilité, la loi Macron et la loi Travail, et bien sûr la déchéance de nationalité. À chaque étape, j’ai énoncé des propositions réalistes, concrètes, en fidélité avec les engagements pris devant les Français et adaptées aux nouveaux enjeux de la période.

Je n’ai pas engagé seule ce travail ; je tiens à remercier les 20 membres du Conseil National du Parti Socialiste, les parlementaires, maires et élus locaux qui m’ont apporté leurs parrainages qui me permettaient de déposer cette candidature. Ils avaient eux-aussi mené ces combats et œuvré à l’élaboration d’un programme charpenté, ambitieux, au cœur de la gauche.

En me retirant à cette étape de la compétition, je ne renonce en rien au combat pour ces idées, une certaine idée de la France, de la République, du socialisme français, et de l’avenir. Je continuerai à me mobiliser sans relâche contre toutes les injustices, pour une gauche concrète, qui améliore effectivement les conditions de vie, de travail, de nos concitoyens, et singulièrement des plus modestes.

Ne pas être candidate ne rend ni muette ni inactive pour faire avancer des causes, des exigences, des propositions que tant de nos concitoyens attendent.

Je défendrai toujours en faveur d’une stratégie de relance de notre économie, fondée sur une hausse des revenus – et notamment des bas et moyens salaires – mais aussi sur des investissements modernisant le pays, assurant l’égalité des territoires, engageant la transition écologique et la révolution numérique. Je plaiderai avec détermination pour la consolidation de notre Pacte républicain et un renouveau démocratique restaurant la souveraineté populaire et engageant une citoyenneté active.

J’ai l’intime conviction que ces enjeux sont incontournables à un moment où partout dans le monde se cherche une alternative à la globalisation libérale. Ne laissons pas les replis identitaires et les thèses de l’extrême droite servir de refuge illusoire au peuple en mal d’espoir. La gauche française, en retrouvant l’idéal de la République sociale, peut et doit être au rendez-vous de l’Histoire.

Voilà l’enjeu de la prochaine présidentielle et de la primaire de la gauche.

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