Discours de M.-N. Lienemann le 1er octobre 2016

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Discours de M.-N. Lienemann le 1er octobre 2016


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seul le prononcé fait foi

Chers amis, chers camarades,

Dans ce monde troublé, incertain, notre pays doute de lui-même, de l’avenir qu’il prépare pour ses enfants et de sa capacité à sortir d’une crise qui érode son projet républicain et amène tant de nos concitoyens à vivre difficilement.

La France a rendez-vous avec son histoire. La gauche a rendez-vous avec la France. Voilà l’enjeu de la présidentielle de 2017 et de la primaire à gauche.

Comme la plupart des pays, la France a subi depuis plus de 30 ans les assauts dérégulateurs du tout-concurrence, de l’argent roi, de la finance dominatrice. L’échec de de la globalisation libérale est désormais patent : faible croissance mondiale, les pays émergents sont en difficultés, dans les pays développés, les couches populaires et moyennes ont vu leur pouvoir d’achat leur niveau de vie se dégrader, les inégalités se creusent. Les peuples ne croient plus à la mondialisation heureuse, ils se rebiffent. Ils attendent et cherchent une alternative.

Je fais mien ce constat d’Edgar Morin qui dans les crises considère que “le pire est probable et le meilleur est possible”.

Le pire, nous le voyons se profiler : le repli identitaire, la xénophobie, le rejet de l’autre. Il prend ici ou là des formes diverses ; chez nous c’est le FN, et ses thèses abondamment reprises et développées par la droite. En tout cas, une partie de la droite.

Le meilleur, où est-il ?

Il est des raisons d’espérer dans les formidables progrès scientifiques qui élargissent le champ des connaissances, permettent de faire reculer les souffrances, les maladies, de maîtriser notre développement, d’améliorer la vie sur terre sans déstabiliser la planète.

Il y a les nouvelles technologies qui favorisent les échanges, la communication, mais qui peuvent et doivent être orientées au service du développement humain, du progrès collectif.

Le meilleur, ce sont aussi toutes ces initiatives individuelles et collectives, ces engagements en faveur de l’emploi, des territoires, de la solidarité, de l’innovation, du vivre ensemble. Ce sont ces citoyens qui s’indignent, s’engagent, se tiennent debout.

Est-ce suffisant ? Non bien sûr…

Le meilleur, c’est à la politique, à nos choix démocratiques de lui donner chair, de le faire naître en dépit des vents contraires qui semblent s’imposer. Là est notre responsabilité.

La primaire doit nous permettre de redonner crédit à l’espérance de gauche.

Car la gauche, c’est la justice sociale !

Et la France a besoin de justice sociale, un impérieux besoin de justice sociale. Ne serait-ce que pour relancer son économie, combattre le chômage, engager son redressement industriel et redonner confiance à notre peuple, confiance sans laquelle rien n’est possible.

La France a besoin de justice sociale parce qu’elle a besoin d’égalité, de services publics partout et pour tous afin de consolider le pacte républicain.

La justice sociale, c’est aussi le partage du pouvoir, la souveraineté populaire retrouvée. Des citoyens, des travailleurs qui ne sont plus considérés comme des pions, mais sont entendus, respectés, associés.

La justice sociale aujourd’hui, c’est aussi répondre à l’exigence écologique, à la lutte contre le réchauffement climatique car la détérioration de notre environnement touche en premier lieu les plus faibles, les plus pauvres et menace l’avenir de nos enfants.

La France a besoin de la gauche… pas d’une gauche essorée, délavée, honteuse, pas d’une gauche post-moderne ou archaïque… De la gauche ! De la gauche de toujours qui porte l’espérance d’un monde et d’une vie meilleurs. De la gauche d’aujourd’hui, c’est-à-dire qui répond aux attentes, aux besoins des gens d’aujourd’hui.

Et là, je le dis tout net, le président et ses gouvernements ont durant tout ce quinquennat lourdement failli.

Ils ont failli sur le chômage. L’échec est patent. Il était prévisible avec ce pacte de responsabilité, cette politique de l’offre et de la baisse du «coût» du travail qui étouffe la croissance et détériore les conditions de vie de tant de salariés. Pourtant il était possible de faire reculer le chômage. Nous avons proposé des 2013 un plan de relance écologique et social.

Ils ont failli sur la réorientation de l’Europe. Elle était pourtant possible, à condition de ne pas ratifier le traité Merkozy (TSCG). Nous l’avons refusé et proposé que la France crée l’indispensable rapport de force avec Mme Merkel, pour sortir des politiques d’austérité.

Ils ont failli sur la redistribution des richesses, en renonçant à la réforme fiscale promise, en, délégitimant l’impôt par une ponction massive sur les foyers pour financer des allègements massifs sans conditions et sans ciblage pour les entreprises. Elle était pourtant possible : alors même qu’avant de quitter Matignon, Jean-Marc Ayrault annonçait une remise à plat, nous proposions une véritable refonte de la fiscalité pour restaurer l’équité de l’impôt.

Ils ont failli sur la ré-industrialisation de la France. Il était pourtant possible d’opérer une nationalisation temporaire de Florange, d’engager du capital public pour éviter le démantèlement d’Alstom et consolider ses sites, de lancer de véritables politiques industrielles de filières plutôt que de gaspiller l’argent public avec le CICE largement versé à des secteurs non soumis à la concurrence mondiale comme la grande distribution.

Ils ont failli encore avec la loi travail, avec le projet sur la déchéance de nationalité.

Et les Français sont sévères. Parfois découragés, souvent en colère. Mais je ne pense pas que le peuple de gauche se soit soudainement évaporé, dilué et qu’il ait disparu du champ politique. Certains en rêvent. Ils le rêvent si forts qu’ils prédisent la mort de la gauche.

Il nous reste 4 mois, jusqu’à la primaire en janvier, pour que ce peuple de gauche se saisisse de cette opportunité, sanctionne les défaillances, les abandons, les renoncements mais exprime aussi clairement qu’il y a urgence à inverser les priorités, à changer de logique, à reprendre l’offensive, à retrouver le chemin du progrès social. Car le résultat de la primaire peut complètement bouleverser le paysage de la présidentielle que l’on présente comme jouée d’avance ou comme réduite à un choix : le moins pire !

Je ne me résigne pas, je ne me suis jamais résignée. Décidément oui le meilleur est possible.

Alors pour convaincre, il faut être claire, nette, précise sur les orientations et les choix programmatiques du futur quinquennat.

Je propose une changement de cap économique et social, un “Plan République” pour une République convaincante, je propose que la France renoue avec la souveraineté populaire.

Les Français placent l’emploi comme une priorité absolue. Ils ont raison. Mais ils sont échaudés. Ils sont échaudés par ces discours et ces politiques qui ont l’œil rivé sur des statistiques trompeuses, sur les courbes et autres chiffres en ignorant, volontairement ou non, les conditions de vie de nos concitoyens, de leurs enfants.

On nous donne parfois en exemple des pays où le taux de chômage parait plus faible, omettant de dire qu’il est acquis au prix du développement de la précarité, du temps partiel subi, de l’augmentation du nombre de travailleurs pauvres. Et d’une dégradation sociale inacceptable et au final d’une efficacité économique très aléatoire.

Ce que je propose est tout l’inverse : l’emploi par la justice sociale, l’emploi pour la justice sociale. C’est-à-dire simultanément créer des emplois et faire reculer la précarité, c’est dire haut et fort que la feuille de paye n’est pas l’ennemi de l’emploi, que nos entreprises ont plus besoin de remplir leurs carnets de commande que de baisser le coût du travail.

C’est pourquoi l’une de mes premières propositions est une augmentation des bas et moyens salaires, en particulier une hausse immédiate du SMIC à 1 300 euros et à 1 500 euros d’ici la fin du quinquennat. Dans le même temps, je propose de plafonner le salaire des dirigeants.

Au-delà de cette mesure si nécessaire pour améliorer la vie quotidienne de millions de nos concitoyens, il s’agit d’un changement majeur de cap pour sortir de l’impasse et de la spirale austérité/crise.

Dans cette perspective, ma seconde proposition est un plan de relance de 35 milliards d’euros dès 2017 qui aura un impact immédiat de 2 points supplémentaires de croissance et permettra de créer de 350 000 à 500 000 emplois.

Il aura deux piliers :

  1. l’un fondé sur le soutien au pouvoir d’achat, j’ai parlé des salaires, je veux aussi insister sur une revalorisation des petites retraites, mais également sur la mise en œuvre d’un revenu de base garanti à tous les jeunes de moins de 28 ans. Il s’agit d’assurer à tous les jeunes de ce pays, de bonnes conditions de démarrage dans la vie, une autonomie, une stabilité pour poursuivre, leurs études, leurs formations, pour concrétiser leurs projets et réussir leur insertion professionnelle et sociale. C’est aussi affirmer la nécessaire solidarité entre générations.
  2. l’autre pilier est le soutien à l’investissement, en particulier l’investissement public, autour de grands travaux soutenant la modernisation du pays, la transition écologique et la révolution numérique. Je ne vais pas reprendre ici le détail de ces grands plans.

Mais quelques précisions tout de même…

Un plan massif en faveur du logement pour produire des logements de qualité, à des prix réellement abordables qu’il s’agisse des loyers, du cout de l’accession à la propriété. Le logement est trop cher et pèse plus qu’ailleurs sur le pouvoir d’achat. Le parcours résidentiel est encore pour beaucoup une aspiration qui ne peut se concrétiser. Ce plan devra tenir compte de la diversité des situations, des besoins. Il faut massivement investir pour réhabiliter, pour réduire la consommation énergétique et les charges. Je n’insisterai pas davantage car vous savez que la politique du logement, le droit au logement pour tous, l’urbanité républicaine, la mixité sociale, la lutte contre la ghettoïsation, ou encore la création d’une garantie universelle des loyers sont des causes, des engagements que je défends sans relâche depuis de très nombreuses années.

Un grand plan de développement des énergies renouvelables… Ou encore un plan en faveur de la mobilité propre, je pense bien sûr aux transports en communs, au fret mais aussi aux véhicule électriques et au réseau de bornes de recharge encore bien lacunaire mais aussi aux véhicule au gaz qui sont une alternative très prometteuse en particulier pour les trajets extra urbains.

S’agissant du numérique, je propose un plan qui assure vraiment que d’ici 2020, tout le territoire, je dis bien tout le territoire doit être couvert par le haut débit, la 3G, la 4G, ainsi que la création d’un haut-commissariat pour le numérique qui soutienne les initiatives, permette que les start-up puissent se développer, grandir en France, pour anticiper les évolutions, mais qui s’assure également qu’un débat citoyen accompagne les choix à opérer, en particulier au regard de leurs impacts sur nos libertés et l’organisation de nos sociétés.

Tous ces plans soutiendront la recherche, des secteurs industriels, et en tout cas l’activité économique et l’emploi. J’y vois aussi de formidables opportunités d’associer les Français à des grands défis, à des projets communs, de se projeter positivement dans l’avenir.

Je vous entends déjà. Mais comment financer tout cela ?

D’abord, le FMI lui-même exhorte les Etats à engager des politiques de relance. Dans le contexte actuel, la relance a un effet important en termes de croissance induite et du coup sur les recettes de l’Etat ou pour la protection sociale. Ensuite, c’est le moment d’emprunter car les taux sont particulièrement bas et si ces emprunts servent à investir dans des secteurs porteurs d’avenir et pour une large partie ayant une certaine rentabilité, ils seront remboursés aisément sans créer un endettement stérile. Enfin, une réforme fiscale d’envergure, s’attaquant aux rentes, structurée autour d’un impôt citoyen réellement progressif libérera du pouvoir d’achat pour les foyers ayant de bas et moyens revenus, tandis qu’une modification des bases des cotisations sociales, en particulier à partir de la valeur ajoutée crée dans l’entreprise plutôt que sur la masse salariale donnera, aux entreprises, aux PME, des marges de manœuvre pour supporter la hausse du SMIC et la réduction du temps de travail. Sans oublier que les entreprises ont touchent annuellement 41 milliards d’euros sans qu’on ait vu la couleur du million d’emplois promis par le MEDEF.

Il y a d’énormes marges en prenant à bras le corps le combat contre l’optimisation fiscale et en particulier pour taxer les multinationales, singulièrement les fameuses GAFA (Google Amazon, Facebook, Apple) je ne dis pas que rien n’ait été fait. Mais nous n’avons pas engagé tout ce qui était possible en France, ni suffisamment pesé en Europe. J’ai à maintes reprises déposer des amendements budgétaires pour requalifier – comme le font nos voisins britanniques – les bénéfices effectivement réalisées en France et donc taxer davantage ces entreprises.. le gouvernement dit y travailler mais tout cela tarde, souvent débouche sur des mesures insuffisantes sans compter que je ne comprends toujours pas pourquoi le ministre des finances n’a pas l’intention de réclamer à Apple la part de son du dans le système d’évasion fiscale en Irlande. Je ne comprends pas non plus que la France bloque la taxe sur les transactions financières maintes fois promises par le chef de l’Etat.

On est aussi en droit d’attendre que les banques qui ont largement contribué à l’endettement public des Etat contribuent davantage au redressement de la situation et je propose qu’alors même qu’elles versent a nouveau des dividendes plus que confortables, elles doivent payer davantage d’impôts à travers une contribution exceptionnelle.

S’agissant des banques il devient urgentissime de voter une nouvelle loi bancaire engageant vraiment la séparation des activités de marché, des activités spéculatives, des activités normales d’intermédiations, d’usage des dépôts au service de l’économie réelle. Car les signes avant-coureurs d’une nouvelle crise financière se précisent, alors même que les pratiques dangereuses des banques se poursuivent. N’attendons pas une nouvelle secousse. Diriger, c’est prévoir, c’est agir.

Si je crois que nous ferions une grave erreur en nous enfermant dans le débat sur l’identité nationale et surtout pour escamoter celui sur les choix économique et sociaux, je crois essentiel d’y opposer un débat sur la nation républicaine, ses fragilités actuelle et surtout sur la façon dont nous pouvons regagner le terrain perdu en rendant notre République convaincante, en consolidant le pacte républicain, en défendant sans la moindre faiblesse ses valeurs, toutes ses valeurs : la Liberté, l’Égalité, la Fraternité et la Laïcité.

Je trouve la société française bien passive devant ce dur constat qui place note système scolaire comme l’un des plus inégalitaires des pays de l’OCDE, qui vient en écho à notre recul dans le classement PISA, engagé surtout depuis l’œuvre de démolition qui caractérise le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Je fait des propositions pour que nous retrouvions notre place dans les 15 premiers pays, que nous poursuivions l’effort d’abord en maternelle et en primaire, avec des moyens importants en particulier avec plus de maitres par classe dans les écoles les plus en difficultés, avec un renouveau pédagogique associant les enseignants, la revalorisation de leurs rémunérations de leurs conditions de travail, une réorganisation du ministère de l’Education Nationale qui etouffe sous le poids d’une vision pyramidale et hierarchique obsolète.

Mais je veux insister sur ma proposition de créer un ministère de l’éducation populaire. Il complétera l’action éducative de l’école publique en prenant en charge le financement, la coordination des activités du temps d’aménagement périscolaire qui doivent redevenir gratuites, il assurera un maillage et une diversité d’activités de qualité partout et pour tous, il sera garant de l’égalité républicaine, de la compétence des personnels éducatifs et promouvra une éthique civique. Il devra aussi veiller et suivre le développement des activités d’éducation populaire dans les quartiers et les territoires défavorisés. L’élévation du niveau culturel de nos concitoyens et la transmission de nos valeurs républicaines et de leur force émancipatrices constitue l’un des défis majeurs de la France contemporaine.

La République pour être convaincante doit assurer des services publics, contemporains, de qualité partout, pour tous. Je propose une loi cadre qui garantira « Une école, un hôpital, une poste, des transports en commun à proximité » et assurera un maillage des services publics. Ces derniers devront être exemplaire dans la lutte contre les discriminations comme dans le respect de la laïcité. Nos concitoyens doivent se réapproprier leurs services publics. L’une des urgence incontournable sera de remettre à flot l’hôpital public, en terme de postes médicaux, para médicaux comme en personnels non soignants et de veiller à la présence médicale effective dans tous les territoires.

Assurer la sécurité intérieure est un impératif absolu. J’ai souvent constaté que les dirigeants politiques, surtout à droite, étaient prompts à envisager en permanence, et en particulier lorsque des actes terroristes frappent notre pays, de nouveaux durcissements des peines, quand ils ne proposent pas de remettre en cause les principes fondamentaux de l’Etat de droit républicain. C’est proprement inacceptable, très dangereux et d’autant plus inopérants qu’abandonner nos principes témoigne d’une faiblesse là où il faut nous montrer forts, et nous fait dériver sur un terrain où des djihadistes veulent nous amener. En tout cas, ces mêmes dirigeants français sont beaucoup moins prolixes lorsqu’il s’agit de parler des moyens à mobiliser, de l’organisation de l’action. Les Français doivent connaître l’effort national en la matière ainsi que les choix faits et la mobilisation prévue pour les défendre tant face aux menaces terroristes qu’à la délinquance plus ordinaire. Je propose une loi de programmation pluriannuelle pour la sécurité intérieure fixant les moyens humains, matériels, techniques ainsi que les missions prioritaires, le déploiement territorial des forces de l’ordre, de renseignement et de la justice. Elle devra engager la réorganisation des services de renseignement en consolidant la présence humaine de terrain en particulier pour s’adapter aux risques terroristes.

La République, c’est la souveraineté du peuple. Or une conjonction redoutable a fini par convaincre nos concitoyens qu’ils n’avaient plus de prise sur les choix qui les concernent, qu’ils pouvaient de moins en moins peser sur leur destin et notre destinée collective : La mondialisation libérale, l’Europe cheval de Troie de ce dessaisissement démocratique et la Vème république qui aggrave la situation.

Pour moi la critique de la Vème République et la nécessité de promouvoir une VIème République n’est pas nouvelle. Mais je me lasse de voir la situation se dégrader sans que nous ayons le courage de franchir le pas et dé-monarchiser enfin nos institutions. Encore faut-il indiquer la vision que nous proposons. Pour moi la France a besoin d’une république parlementaire. C’est pourquoi je propose :

  • la suppression du 49.3 et du droit de dissolution,
  • la désignation du Premier ministre par le Parlement,
  • l’élargissement et développement du référendum (ratification par le peuple de tout nouveau traité européen – et des traités négociés par l’UE –, facilitation du référendum d’initiative populaire, référendum abrogatoire contre certaines lois),
  • l’instauration d’un scrutin pour moitié proportionnel pour l’élection des députés,
  • le développement des pratiques participatives en généralisant la consultation numérique avant l’établissement de nouvelles lois, voire avant les délibérations des collectivités.

Je proposerai donc un référendum fin 2017 pour ce changement profond de nos institutions ; mais la crise démocratique n’est pas seulement une crise institutionnelle, elle doit nous ramener à une exigence éthique.

Je suis convaincue de la nécessite de libérer l’action publique du poids des lobbies.

La porosité entre le service de l’État et les grandes entreprises est néfaste. Les mêmes préparent les textes régulant certaines activités puis vont ensuite défendre dans le secteur privé les intérêts qu’ils étaient chargés d’encadrer ; ils bafouent la souveraineté populaire et vident de son sens l’intérêt général. Selon cette « caste », quelle que soit la majorité, il n’y a jamais d’autres politiques possibles. Le pantouflage doit être interdit : les hauts fonctionnaires ne pourront plus faire des allers-retours entre le secteur public et privé.

Le péché originel du quinquennat de François Hollande est son acceptation du traite d’austérité renforcé, d’avoir manqué de volonté, de stratégie, pour réorienter et rééquilibrer la construction européenne. Depuis 2012, la situation s’est dégradée et l’arrivée importantes des réfugiés a terriblement mis en exergue le manque de solidarité d’une Europe qui a pour principe majeur la concurrence entre les salariés, les peuples, les modèles sociaux.

La France doit refuser sans complexe l’impasse actuelle. Le temps n’est plus aux petits pas ! A chaque alerte lancée par les citoyens, l’Europe et nos dirigeants font la sourde oreille et veulent poursuivre imperturbablement des politiques qui nous conduisent dans le mur et éloignent les peuples du bel idéal européen. Les promesses de réorientation n’ont pas été tenues. Alors il faut dire clairement ce que nous voulons et adopter une méthode pour l’obtenir. La France a les moyens de se faire entendre.

Je propose trois piliers pour cette réorientation :

  1. La relance à la place de l’austérité,
  2. La solidarité à la place de la concurrence entre les peuples,
  3. La protection à la place du libre-échange généralisé.

La relance à la place de l’austérité suppose une feuille de route de sortie de crise à la place du pacte de stabilité, fondée sur une relance de la consommation, des convergences sociales, des investissements, des cadrages budgétaires différenciés par pays. Elle fixera l’objectif de la parité euro-dollar pour soutenir les exportations.

La solidarité à la place de la concurrence entre les peuples, c’est un traité anti-dumping social et fiscal, instaurant des convergences progressives vers le haut pour les standards sociaux (SMIC européen, etc.).

La protection à la place du libre-échange généralisé, c’est restaurer la préférence communautaire, élaborer un « Buy European Act » qui complétera l’engagement en faveur du « made in France » et instaurer des clauses d’intérêt national en particulier pour la ré-industrialisation et les services publics.

C’est aussi l’abandon immédiat des négociations du TAFTA et la non ratification du CETA.

Mais, surtout, je défendrai une méthode : parler franchement et fermement à nos partenaires, dire ce que la France veut, prendre des décisions pour défendre ses intérêts et ceux de l’Europe, promouvoir une certaine vision de l’Union, en essayant d’abord de convaincre mais aussi en assumant, si besoin est, les nécessaires rapports de force.

Les déséquilibres actuels entre Etats membres, la domination de l’idéologie libérale et conservatrice ne sauraient perdurer sans mettre en péril l’existence même de l’UE. C’est pourquoi ce que j’appelle l’ultimatum français est une méthode pour redonner souffle au projet européen. Le Brexit modifie le rapport de force, encore faut il que nos partenaires, en particulier les Allemands, soient convaincus de notre totale détermination et il sera donc indispensable de prendre des décisions, fussent-elles dans un premier temps unilatérales. Il faudra suspendre immédiatement l’application des directives « aides d’Etat » et « travailleurs détachés » et mettre en place des exceptions (Opt-out) pour les services publics. Enfin, annoncer que faute de réorientation pour une relance européenne, la France suspendra l’application des articles du traité concernant le pacte de stabilité et bloquera sa contribution au budget communautaire.

Cependant rien n’est possible sans le soutien du peuple et je réaffirme l’urgence d’inscrire dans la constitution la ratification par référendum de tout traité européen ou signé par l’union européenne.

Le drame des réfugiés qui arrivent en Europe est tristement révélateur du chaos qui s’est installé sous l’influence des néoconservateurs américains et les tenants de tout bord de la guerre des civilisations. Et là évidement les Américains sont loin d’être les seuls.

Depuis 2005, après avoir résisté aux options de ces néo-conservateurs US, nous nous sommes trop laissé entraîner dans leur sillage. Et les politiques d’intervention militaire ont le plus souvent déstabilisé des régions particulièrement sensibles du Proche et Moyen Orient. Seules des solutions, militaires et évidemment politiques, largement portées pas les acteurs de la région permettront de sortir du chaos actuel.

De surcroît, nous n’avons pas suffisamment rėaffirmé les positions diplomatiques historiques de la France, en particulier celles d’un équilibre entre les USA, la Russie, mais aussi désormais la Chine et des puissances émergentes.

Je plaide pour restaurer davantage d’indépendance et d’autonomie sur la scène internationale.

La France ne saurait se laisser engager dans un prétendu “camp occidental” pour régler les problèmes ; elle doit refuser les tentations dominatrices des uns et des autres et privilégier un dialogue lucide avec l’ensemble des acteurs pour faire émerger une communauté internationale multipolaire et régulée. Chacun voit bien que désormais les choix internationaux de la France ont un impact évident sur les Français. C’est vrai pour l’économie, l’écologie et le terrain politique de la paix et de la sécurité. Dans tous les cas, il est nécessaire de placer autant que possible nos interventions extérieures sous l’égide de l’ONU. Même si la triste impuissance devant la catastrophe humanitaire d’Alep ne rend guère optimiste.

En tout cas, il est grand temps de réévaluer sérieusement, à l’aune de ces choix, le terrain et la nature de nos interventions, mais aussi les moyens à consacrer à nos armées pour ce faire, sans éluder la question de l’organisation de notre force de frappe nucléaire. La France doit désormais prendre des initiatives en faveur du désarmement nucléaire à l’échelle planétaire et affirmer son idéal de paix.

S’agissant des réfugiés, migrants et demandeurs d’asile, je le dit tout net la France peut et doit accueillir toutes ces hommes, ces femmes qui depuis trop longtemps vivent dans la Jungle de calais, comme des personnes qui ont droit à l’asile, qui au demeurant ne se précipitent pas chez nous. Notre pays n’est grand que lorsqu’il sait se hisser à la hauteur de son projet historique, pas celui de nos “ancêtres les gaulois” mais celui du Siècle des Lumières, des idéaux de la Révolution française, des Droits de l’Homme et du Citoyen.

C’est à cette ambition que nous devons convier notre peuple, l’histoire nous apprend qu’il y est prêt lorsque l’horizon du progrès s’éclaire, un progrès qui prend des formes nouvelles aujourd’hui, un progrès humain qui ne laisse personne au bord du chemin… Un progrès social épris de justice. Qui peut aujourd’hui le relever si ce n’est la gauche ?

C’est à ce dessein que je vous convie.

Vive la gauche, vive la Justice sociale, vive la République et vive la France !

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